Je décide de créer ma permanence téléphonique | Du fil au clavier
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Je décide de créer ma permanence téléphonique

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Quand j’étais enfant mon papa me disait souvent « ais de l’ambition ». Il entendait par là « affirme toi, fais un métier qui te plait, qui te passionne ». « Ais de l’ambition ».Il en avait certainement détourné l’étymologie du mot, mais cette phrase est restée gravée en moi.

Pourtant, je n’ai pas affirmé ce que je voulais vraiment durant mes études. On me trouvait sociable, empathique , à l’écoute, alors tout le monde s’est toujours dit que je m’épanouirais certainement dans une carrière sociale. C’est vrai que ça correspondait au profil. Je ne me suis pas plus posé de questions. J’aime les gens, j’aime discuter, j’aime écouter, j’aime les comprendre et pourquoi pas les aider?

Alors ma voie était tracée et j’en étais fière. Quand on vous pose cette question existentielle « Que veux tu faire plus tard? » J’étais tellement fière de pouvoir y répondre. La même année que mon baccalauréat j’ai passé mes concours pour entrer dans les écoles de formation de Carrière sociale. Inutile de perdre mon temps puisque je sais ce que je veux faire. Ces concours m’ont énormément apportés. J’ai du parler devant un jury de formateurs et de professionnels. Affirmer mes idées et mes envies, j’ai grandi en un an, je suis devenue une jeune adulte et ce fût une année merveilleuse. J’ai découvert que j’aimais me challenger, j’aimais relever mes défis, pour la première fois je me sentais la tête remplie, je poussais loin ma réflexion , je partageais et je confrontais mes idées. J’ai eu beaucoup de pression mais elle ne me paralysait pas comme à l’école, elle me libérait.

J’ai eu mes concours et mon BAC, à la rentrée de Septembre 2007 je débutais mes études. Encore une fois j’étais entourée de personnes passionnantes. Nous étions considérer comme des adultes, des étudiants à l’égal des formateurs. Il y avait beaucoup d’échanges et de respect dans nos relations. La théorie était passionnante, la pratique m’a ennuyée.

Se reveiller

Boom, ça m’est tombé dessus comme ça. Sans prévenir. Je réalisais que je ne pourrais jamais m’épanouir dans ce domaine d’activité. Ce n’est pas ce que je recherchais. Je n’avais pas de liberté d’action, je ne pouvais pas innover. J’allais aider des familles, oui mais la vérité c’est que je m’ennuyais. La culpabilité et la peur de décevoir mon entourage m’ont fait terminer ces études et m’ont emmenée jusqu’à la validation de mon diplôme. Et à un poste. Malgré la titularisation, je n’y trouvais plus mon compte alors j’ai préféré me concentrer sur l’essentiel à ce moment de ma vie: ma famille. Et une vieille envie, un vieux souvenir refaisait surface, mais j’ai préféré l’ignorer à ce moment là.

Je me suis mariée nous avons fondée notre famille. J’ai travaillé dans un collège en tant que surveillante, puis je suis devenue assistante maternelle. Oui nos vieilles croyances ont la dent dure et malgré ma première expérience, j’ai tenue à rester dans le social et le domaine de la petite enfance. Bin quoi? On m’a toujours dit que j’étais faite pour ça non? !

Nouvelle claque. Pas d’épanouissement. A ce moment là, je suis convaincue d’une seule chose, tout ceci n’est pas fait pour moi.

Se réaliser

Bon, il faut dire que je suis mère de famille de deux enfants en bas âges. Mon mari se déplace très souvent pour son travail et durant la semaine entière. J’ai alors un quotidien bien rempli et énergique, tout ce que j’aime! La partie professionnelle n’est pas vraiment une priorité, cependant elle vient me chatouiller ou se moquer de moi, je ne saurais le dire. Elle me fait l’effet d’un boomerang, elle s’en va mais pour mieux me revenir, mais on ne se comprend pas toutes les deux. Et à nouveau ce lointain souvenir refait ,surface avec une folle envie sortie de je ne sais où, mais qui m’appartient vraiment et ne me quitte jamais: la création, l’innovation, le challenge, le défis. « Ais de l’ambition » PAF tu le vois le boomerang là!

Mais oui c’est ça je vais créer une entreprise. Je vais me créer. Quoi? Comment? Quand? je n’en sais rien. Mais enfin la vérité est là.

J’en parle beaucoup avec mon mari, on tourne le problème dans tous les sens. Nous sommes convaincus par ce projet de création qui me ressemble. Et durant un après midi d’hiver, une deuxième boomerang me revient: le secrétariat. Et je me rappelle alors les heures que j’ai pu passer à jouer à la secrétaire, à jouer à la prise d’appels, à fabriquer des plannings, à gribouiller des pages et des pages de cahiers que ma maman me rapportait du travail. La permanence téléphonique a vu le jour à ce moment précis de l’histoire.

Nous sommes en 2014, je suis enceinte de notre troisième enfant. Plus je fais des recherches et plus je me dis que ce projet est viable. Je ne veux pas faire n’importe quoi alors dans un premier temps, je décide de suivre des cours de secrétariat (j’ai choisi le secrétariat médical) que j’allais suivre à distance. J étais en congés parental, j’ai avancé le plus possible sur les cours durant ma grossesse et j’ai terminé durant les premier mois de notre bébé. J’étais enthousiaste, je retrouvais ce qui m’avait animé durant l’année de mon baccalauréat: l’émergence d’un projet, l’excitation du challenge, le dépassement de soi. Il tait alors question de terminer mon congés parental, d’attendre la première rentrée scolaire de notre dernier enfant afin de créer l’entreprise.

Je prenais donc le temps de me renseigner sur les statuts d’entreprises, sur la communication et l’aspect technique de la mise en place de la permanence à domicile.

Et la vie t’aide à faire des choix

Et puis la vie en a décidé autrement. En 2015, mon mari a rencontrer des difficultés dans son travail. Il n’y arrivait plus, le rythme devenait insoutenable et la famille lui manquait, le burn-out se profilait, il a arrêté son travail. Un nouveau poste s’est présenté à lui, près de la maison avec des horaires plus confortables , c’était une occasion à saisir mais qui n’aura durée que quelques mois. J’ai de mon côté perdu coup sur coup mes grands parents, j’ai cru me perdre à mon tour. Mon mari au chômage , moi broyant du noir, nos trois enfants , il fallait réagir. C’est ce que l’on a fait. Pourquoi attendre après tout? Le projet est là, on y croit, c’est définitivement ce que je veux faire et c’est un plus gros challenge à relever.

En Avril 2016 la micro société Du fil au Clavier voyait le jour et l’aventure pouvait commencer.

Aujourd’hui, mon entreprise s’est bien développée et je m’épanouis. Je continue à avoir des projets mais ils sont tous en lien avec mon métier.

Et vous? Comment est né votre projet?

AUTHOR: Audrey Aguillon
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